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Les histoires "autour de la table"
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►Pourquoi dit-on
"mettre la table" ?
On vous l'a fait à coup sûr : Au cher bambin
à qui l'on demande d'aller mettre la table, le sale gosse de répondre
"D'accord mais je la mets où ? " . En fait c'est lui qui à raison, au Moyen
âge, on mettait réellement la table, c'est à dire qu'on installait des
tréteaux sur lesquels on posait des planches...
►Pourquoi dit-on
"mettre le couvert" ?
Jusqu'au 15e siècle, il était d'usage de
"servir à couvert", c'est à dire de couvrir d'une grande serviette blanche
les plats et les mets exposés sur la table ou sur le dressoir, afin de
montrer aux hôtes que toutes les précautions avaient été prises pour éviter
un empoisonnement. De là, l'expression "mettre le couvert" pour dresser une
table, qui s'appliqua ensuite au repas lui-même: "avoir son couvert mis chez
quelqu'un", c'est d'y être reçu pour déjeuner ou dîner.
►D'où vient l'expression " Entre la
Poire et le fromage" ?
La
scène du banquet dans le château fort, ou l'on voit tous les convives,
s'empiffrer de carrés de viandes tandis que d' affriolantes servantes
remplissent les verres de moult breuvages est complètement fausse.
L'ordonnancement du repas était profondément différent. Les pauvres eux
mangeaient ce qu'ils trouvaient, mais les seigneurs et leur suite
commençaient par manger des rôtis de toutes sortes sans rien boire (même pas
un verre d'eau). Venaient ensuite les poires (le fruit le plus répandu à
l'époque), il y en avait de nombreuses variétés et elles servaient à la fois
de légumes et de désaltérant. Ce n'est qu'après que l'on buvait du vin, non
pas pour épancher sa soif, mais pour y goûter, avec le fromage.
►Pourquoi trouve t-on des couteaux à
bout ronds ?
Et
tout le monde de répondre : pour ne pas que les enfants se blessent !
Faux ! D'abord, il n'y a que depuis très peu de temps que les enfants
prennent place entière autour de la table, avant ils avaient leur propre
table (mais sans couteaux)
La vraie raison est ailleurs, Le cardinal de Richelieu irrité que les
gentilshommes se curent les dents à table avec leur couteau, demanda à son
coutelier d'arrondir les bouts de ces ustensiles en promulguant un édit en
1669. (Un erreur a été signalée: L'édit ne date pas de 1669
mais de 1610)
►Pourquoi ne doit-on pas couper la
salade avec un couteau ?
Parce que ça ne fait pas distingué ?
Encore une fois derrière le " bon usage " se cachent des raisons bassement
matérielles, les couteaux étaient souvent en argent, or l'argent avec le
vinaigre ce n'est pas terrible...
►A
propos du cure-dent...
Considéré par les Romains comme un objet
indispensable, le cure-dent était en ivoire, en or ciselé ou en argent. En
France au 17e siècle, il devint très impoli de se curer les dents avec un
couteau; une personne éduquée se rinçait la bouche avec du vin et utilisait
un cure-dent, fabriqué dans des bois parfumés comme le rosier, le cyprès ou
le myrte. Il existait des cuillères pliantes dont le bout du manche se
dévissait et cachait un cure-dent.
►A quand remonte l'usage de l'assiette?
Le mot "assiette" désignait à l'origine le fait de placer le convive assis à
table, puis l'action de mettre les plats sur la table, enfin le service du
repas. Dans l'Antiquité les assiettes plates ou creuses étaient en terre cuite,
en bois ou en métal, voire en pâte de verre moulée. La désignation "assiette"
dans le sens de la vaisselle individuelle n'apparut qu'au 16e siècle, remplaçant
l'écuelle, le tranchoir ou tailloir médiéval : une plaque circulaire,
rectangulaire ou carré, en bois, en métal ou en verre, sur laquelle on posait
une tranche de pain qui absorbait le jus des aliments posés sur le tranchoir.
L'assiette creuse individuelle (mazarine) fut introduite en 1653 en France par
le cardinal de Mazarin. Les premières assiettes, réalisées en étain, en argent
ou en or, étaient destinés aux nobles et aux rois, tandis que le peuple mangeait
dans des poteries. L'assiette resta un symbole de luxe jusqu'à ce que, sous
Louis XV, la faïence et la porcelaine se généralisent pour toutes les pièces du
service de table; à la fin du 18e siècle, l'assiette appartenait à tous.
l'assiette plate couverte d'une cloche se développa à partir de 1750.
►Depuis quand utilise
t-on les couteaux à table ?
En pierre ou en bronze à la préhistoire, le
couteau fut en fer chez les Celtes et devint fermant chez les Romains. Au moyen
Age, le couteau était un objet personnel que l'on portait à la ceinture ou dans
un étui. Il y avait de grands couteaux réservés aux écuyers tranchants qui
découpaient et tranchaient la viande. De petits couteaux étroit, le "parepains",
servaient à plusieurs usages; préparer la tranche de pain du tailloir, piquer la
viande et la porter à la bouche par le bout pointu de la lame. Avec l'apparition
de la fourchette pour piquer les aliments, le bout de la lame du couteau
s'arrondit peu à peu.
Les couteaux de table ont commencé à se
différencier selon leur usage au cours du 17e siècle. En 1929, l'Econome,
couteau éplucheur, fut breveté par Pouzet et fabriqué à Thiers.
►Quand apparurent les
premières carafes ?
Remplaçant l'aiguière, la carafe apparut à la fin
du 17e siècle et se développa au 19e siècle avec l'usage des verres individuels
comme le carafon, flacon de champagne. Le porte-carafe ou dessous de carafe date
du 18e siècle.
►D'ou vient l'expression Tchin-Tchin
?
Vous connaissez sans doute l'histoire de cet industriel qui après avoir
signé un important contrat en Chine, honore ses hôtes d'un contrat d'adieu
ou l'on sabre le champagne et lance à la cantonade un bruyant : "Tchin-Tchin
! " Le responsable de la délégation chinoise, après quelques secondes
d'hésitations lève son verre à son tour en criant : "France ! France !"
Et
Oui Tchin- tchin est devenu synonyme de trinquer. Pourtant quand on y
regarde bien, il y a là une bizarrerie... La prochaine fois que vous serez
en tète à tête au restaurant, trinquez avec votre partenaire ! Et écoutez le
bruit ! Ça fait Tchin, pas Tchin-Tchin ! Il manque donc un Tchin ! Quel est
donc ce mystère ?
Et
bien voilà, au moyen âge, l'empoisonnement dans la nourriture ou dans la
boisson était une pratique fort répandue dans certains milieux. Echanger un
peu de son breuvage avec quelqu'un était donc en ces temps dangereux un
signe de confiance mutuelle. Les verres étaient forts remplis de vin ou de
bière (l'apéritif n'existait pas), et souvent dans des matières solides
(argent, étain, fer, bois). L'un des 2 buveurs commençait à cogner son verre
contre l'autre de telle façon qu'une partie du liquide s'éclabousse et
atteigne l'autre verre (premier Tchin). Le second buveur lui rendait bien
sûr la politesse (2ème Tchin).
Avec le temps, la confiance entre buveurs est revenue, on ne trinque
maintenant qu'une seule fois et sans brutalité (Tchin !). Il
est curieux de constater que pendant les années 70, cette coutume à eu
tendance à se perdre, remplacée par le lever du verre à l'Américaine. Depuis
les années 80 la tradition est repartie, allez donc savoir pourquoi ! Tchin
!
►Connaissez-vous
l'histoire de la fourchette ?
L'histoire de la diffusion en Europe de la
fourchette (couvert à dents pointues avec un manche) a pris neuf siècles. Au
moyen Age, la fourchette n'avait que deux dents et était un objet aussi rare
que luxueux, avec un manche en cristal ou en ivoire. jusqu'au milieu du 17e
siècle en France, on mangeait avec ses doigts. la fourchette fut introduite
par la reine Catherine de Médicis, au 16e siècle, et apparut à la table de
son fils; le roi Henri III. Invité à quelques festins de la noblesse
vénitienne par le doge, Henri III fut intrigué par un ustensile de table
qu'il n'avait encore jamais vu: un manche finement ouvragé en corne, en
ivoire ou en pierre dure, prolongé par deux dents effilées. Cet accessoire
ingénieux qui se nommait "fourchette (petite fourche) présentait le double
intérêt de piquer les viandes plus élégamment qu'avec ses doigts ou la
pointe d'un couteau, en évitant de tacher cette fraise tuyauté et empesée
que la mode imposait de porter autour du cou.
L'usage de la fourchette pour porter l'aliment
de l'assiette à la bouche ne s'installa qu'à la fin du 18e siècle.
►Et
celle de la serviette ?
La serviette nous vient des Romains. Dans
l'Antiquité, des esclaves portant des aiguières circulaient près des lits et
versaient sur les mains des convives une eau fraîche et parfumée qu'ils
essuyaient avec une serviette. Au Moyen Age, le "doublier" ou la "longuière",
longue pièce de toile posée sur les bords de la table, servait à tous pour
s'essuyer les mains et la bouche. Puis, on utilisait la "touaille", toile
longue de 4 mètres et pliée en deux sur un bâton, accrochée au mur comme un
torchon lors des repas, que l'on prenait debout. On s'essuyait alors avec la
touaille ou avec le revers de la main, ou sur son habit.
La véritable serviette fit partie du couvert
au 16e siècle en Hollande.
►D'où
est originaire le mazagran ?
D'une ville algérienne nommée Mazagran. Le 3
février 1840 au poste de Mazagran, une centaine de Zouaves résistèrent
pendant trois jours à un millier d'Arabes, réchauffés par du café brûlant et
sucré, arrosé d'eau de vie, servi dans un verre à pied. Le mazagran ou
brûlot, tasse épaisse en forme de verre à pied, fut créé par la manufacture
de porcelaine de Bourges.
►Connaissez
vous l'histoire de la nappe ?
La nappe médiévale, placée sur une planche à
tréteaux, était recouverte d'une pièce de tissu pliée en deux, appelée
"doublier", destinée à s'essuyer les mains et la bouche. Elle fut remplacée
par une longue pièce de toile posée sur les bords de la nappe : la "longuière".
Dans la maison du Roi, les nappes étaient conservées par un officier qui
avait le titre de "garde nappes", un des serviteurs les plus importants avec
la "lavandière du roi"; le linge de maison était aromatisé avec de la
lavande ou des roses et rangé dans des coffres de bois couverts de cuir,
cloutés et fermés à clé.
Vers 1850, arrivèrent sur les tables
bourgeoises des nappes ornées de broderies, de jours, d'application ou
d'incrustations. Au début du 20e siècle, on assista au triomphe de la
broderie à trous dite "anglaise" et la richesse d'une demeure s'évaluait à
l'importance des piles de nappes et de serviettes.
►A
quand remonte le sandwich ?
Passionné par son jeu de cartes et ne voulant
pas quitter sa table pour aller déjeuner, lord John Montagu, comte de
Sandwich (nom donné par son ami l'explorateur James Cook à l'actuel archipel
des îles Hawaï), son cuisinier lui prépara un en-cas : deux tartines de pain
beurré avec une tranche de viande au milieu. Cela se passait en 1762...
►A
quelle époque a été inventé le tire-bouchon ?
Son ancêtre servait à extraire une balle du
canon d'une arme à feu. Le tire-bouchon apparut au 17e siècle selon le
principe de la vis sans fin. En forme de T, écrou à vis, le tire-bouchon fut
breveté en 1795 par l'anglais Samuel Hershaw.
►Quelle
est l'origine du mot sommelier ?
Du provençal "saumalier". Au 13e siècle, le
sommelier avait la charge de conduire les bêtes de somme. Ensuite, il se
spécialisa, désignant un "officier" chargé des services concernant les
vivres et le matériel; dans une maison, il était chargé de tout ce qui
concerne la table; mettre le couvert, acheter et fournir le vin, garder le
linge et la vaisselle.
►Quelle
est l'origine du mot "entremets" ?
Au Moyen Age, le repas se déroulait en
plusieurs services. Au moment du débarrassage, dans les grands repas, des
artistes, jongleurs, chanteurs et danseurs venaient combler le temps mort
qui séparait deux services : l'entremets.
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